Dots – Revue Dada

article sur dots de antonio ladrillo paru dans la revue dada n°199

Des petits pois. Rien de plus (ni de moins !) que des petits pois, en veux-tu en voilà, dans ce livre-jeu très graphique. Dans la veine des travaux de Bruno Munari, Antonio Ladrillo réalise un livre-objet plein de surprises à manipuler à loisir. D’astucieux pliages et découpages permettent au lecteur d’explorer d’infinies combinaisons de formes et de couleurs, à plat ou en volume. Alors, finalement : qui est l’artiste ?
Revue Dada n° 199, mars 2015.

Interview – The Millionaires Club

Interview avec Marie-Luce Schaller, à l’occasion de The Millionaires Club, Comics & Graphics Fest, du 13 au 15 mars 2015 à Leipzig

Marie-Luce Schaller : Est ce que vous pouvez nous raconter quelles sont les origines des Éditions du livre? D’où vient l’envie et le besoin?

Éditions du livre : En 2008-2009, nous auto-éditions les dessins de Frédérique. En parallèle, nous découvrions le milieu de la micro-édition dont l’émulation nous a attirés. Nous avons alors contacté des artistes dont on appréciait le travail et c’est ainsi que sont nées, en 2011, les premières publications sous le nom Éditions du livre.

M-L S : Votre intérêt pour la forme du livre est très importante, ça se ressent dans votre catalogue, dans les workshops que vous menez, et enfin dans le noms de votre structure, vous parlez dans votre interview avec Yassine de l’Articho d’ouvrages qui ne peuvent fonctionner qu’en livre. Même si ça semble être une évidence, d’où vous vient cette si forte envie de faire des livres et d’expérimenter cette forme?

EDL : Après avoir édité du dessin, nous nous sommes orientés vers une esthétique géométrique, minimale et colorée, à la limite de l’abstraction. Toutefois, le questionnement sur l’objet imprimé était là dès le commencement. La collection des fortune bookie, par exemple, était une tentative de réaliser un livre avec seulement une couverture et un feuillet intérieur. Ensuite, chaque nouveau projet nous a amenés à réfléchir à la forme et au procédé d’impression le plus approprié. Aujourd’hui, ces questionnements sont le cœur de notre projet éditorial. Nous sommes à la croisée de divers chemins : livre d’artiste, livre graphique, livre jeunesse…

M-L S : Comment repérez vous les travaux des artistes que vous publiez et comment est-ce que vous travaillez avec eux jusqu’à l’impression du livre?

EDL : La plupart du temps, nous découvrons les artistes sur internet et souvent la rencontre se fait par la suite. De ce fait la collaboration se fait à distance par mail. Une correspondance s’établit, plutôt lente, ce qui laisse le temps à chacun le temps de réagir à son rythme et aux idées de faire leur chemin.

M-L S : Les livres que vous avez publiés, de par leur forme et leur contenu, font partie des livres édités que j’aime le plus. Est-ce facile de délimiter les frontières entre ce que vous avez envie d’éditer ou non?

EDL : Oui, c’est assez facile de délimiter ce que l’on a envie de publier ou non ; par contre c’est plus dur de trouver des projets qui nous correspondent. Le travail d’un artiste peut nous attirer mais ce n’est pas pour autant qu’il aura en tête un projet qui prenne son sens sous la forme d’un livre.

M-L S : Avant la dernière série de livre que vous avez édité («Dots», «Lines» et «Colors» de Antonio Ladrillo), sont parus 3 livres («Dans la lune» de Fanette Mellier, «Untitled (Comic Book)» de Frédérique Rusch, «Untitled (Stargate)» de Antoine Orand) qui pour la première fois (je crois) proposent une narration, assez abstraite pour certains, mais narration quand même. D’où est ce que cela vient et est ce qu’il y avait un rapport différent avec ces livres lors de leur confection d’avec les autres livres?

EDL : Nos premiers ouvrages étaient en effet des recueils de dessins, même si, dans le détail, chacun avait une idée conceptuelle ou narrative sous-jacente. Mais il est vrai que la narration se fait plus présente dans nos parutions récentes : elle naît de l’image dans le cas des comics et de l’album de Fanette, et de la manipulation de l’objet dans le cas de la série des livres d’Antonio. Cela nous intéresse de créer une narration avec un sujet aussi minimal que des formes épurées et des couleurs.

M-L S : Vu que votre support privilégié est le livre, comment appréhendez vous les expositions? Est-ce un simple moyen de fêter le lancement d’un livre, ou est- ce que l’exposition en elle est aussi importante?

EDL : Pour le moment, les expositions ont surtout été le support de lancements. À Nancy, à la Galerie My Monkey, on avait en quelque sorte recomposé des livres géants à partir des macules d’impression de «Dans la lune». Pour le lancement de «Dots», «Lines», «Colors», nous avons présenté les peintures sur papier dont Antonio s’est inspiré pour créer ses ouvrages. La mise en espace d’un livre est un champ qui nous intéresse et que l’on développera sûrement avec les prochains ouvrages.

Rencontre “Les formes du livre” au Studio Fotokino

visuel de la rencontre les formes du livre à fotokino

Dans le cadre des Littorales, Fotokino met en dialogue les acteurs de la chaîne du livre autour de la question de sa forme : de l’auteur au libraire, en passant par le graphiste et l’éditeur, comment se pense la forme d’un livre ? Quelles contraintes se posent à chacun ? Quelles querelles peuvent opposer le fond et la forme d’un livre, et quelles symbioses lui confèrent une qualité unique ? Avec Benoît Jacques, David Poullard et Alexandre Chaize.
Studio Fotokino, Marseille, 11 octobre 2014.